Onze jours après le délai du 1er janvier fixé par le calendrier, aucun indicateur n’est donné sur l’entrée en vigueur de l’accord de partenariat économique (APE) intérimaire conclu le 17 décembre 2007 entre le Cameroun et l’Union européenne (UE), le gouvernement camerounais ayant demandé un report mais une source européenne à Yaoundé évoque des risques de ce report.
« Si le report est décidé, l’un des risques pour le Cameroun est que l’Union européenne soit obligée de rétablir automatiquement le système de préférences généralisées (SPG), c’est-à-dire les produits camerounais vont recommencer à être soumis aux taxes et tarifs douaniers pour l’accès au marché européen », a expliqué sous couvert d’anonymat à Xinhua lundi une source de l’UE dans la capitale camerounaise proche du dossier.
Cette source admet que « le dossier est délicat » et évoque des négociations en cours avec le gouvernement camerounais, qui « devront permettre de sortir de cette situation qui n’est pas confortable ». Cet APE prévoit un démantèlement tarifaire entre les deux parties, lié à leurs échanges commerciaux. Déjà depuis deux ans, les produits certifiés d’origine du Cameroun accèdent au marché européen sans droit ni quota.
S’agissant des produits exportés de l’UE vers le Cameroun, le concept de produit d’origine n’a pas été défini, ce qui a constitué l’une raisons justifiées par le ministre camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Louis Paul Motaze, pour solliciter fin 2009 un report à une date ultérieure de l’entrée en vigueur de l’accord.
La conclusion d’un accord régional liant l’Afrique centrale à l’Union européenne est présentée comme une autre condition de l’application de l’APE intérimaire entre le Cameroun et le partenaire européen.
Les négociations pour cet accord régional sont dans l’impasse depuis février 2009 et dans les autres pays de la région (Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine et Tchad) puis au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), des inquiétudes ont été exprimées sur cet APE, jugé déstabilisateur pour les économies de ces pays.
Une réunion des ministres en charge de ce dossier est annoncée ce mois à Bangui en République centrafricaine (RCA), en vue de relancer ces négociations régionales.
(Xinhua)

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